Avec 30 308 établissements scolaires, un budget en forte hausse et une refonte assumée de l’enseignement moyen, l’Éducation nationale engage une nouvelle phase de transformation. À l’approche de la rentrée 2026-2027, les autorités misent sur l’anticipation, la spécialisation pédagogique et un lifting en profondeur du collège pour absorber la pression démographique et relever le niveau des apprentissages.
L’Algérie dispose désormais d’un parc éducatif de 30 308 établissements scolaires, un chiffre révélateur de l’ampleur du système éducatif national et des défis structurels qu’il doit relever. Cette donnée centrale a été mise en avant lors du lancement officiel des rencontres préparatoires de la rentrée scolaire 2026-2027, présidées par le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, à l’annexe de l’Office national des examens et concours (ONEC), à Kouba.
Ces rencontres, à forte portée stratégique, visent à dresser un état des lieux précis du secteur et à anticiper les ajustements nécessaires pour une rentrée placée sous le signe de la rigueur organisationnelle et de la qualité pédagogique, dans un contexte marqué par une augmentation continue des effectifs scolaires.
Un parc scolaire en constante expansion
À fin décembre 2025, le réseau éducatif national a atteint 30 308 structures scolaires, traduisant un effort soutenu de l’État en matière d’infrastructures. Cette dynamique s’accompagne d’un renforcement significatif de l’encadrement pédagogique. Le secteur a ainsi enregistré le recrutement de 17 632 enseignants spécialisés en éducation physique et de 14 939 enseignants de langue anglaise, en plus de l’intégration de 82 000 enseignants toutes disciplines confondues.
Pour la rentrée 2026-2027, le ministère prévoit le recrutement de 40 500 nouveaux enseignants, alors que plus de 1 million et 65 000 candidats ont déjà postulé, illustrant à la fois l’attractivité du secteur et la pression démographique croissante sur le système éducatif.
Sur le plan budgétaire, l’Éducation nationale bénéficiera en 2026 d’une enveloppe estimée à 1 792 milliards de dinars en autorisations d’engagement et 1 851 milliards de dinars en crédits de paiement, représentant 10,5 % du budget global de l’État. Cette hausse, par rapport à 2025, est perçue comme un signal fort de la volonté des pouvoirs publics d’investir durablement dans l’amélioration du système éducatif.
Suivi de terrain et rejet de l’approximation
Dans son allocution, Mohamed Seghir Sadaoui a insisté sur la nécessité d’un suivi quotidien et renforcé sur le terrain, qualifiant cette exigence de condition essentielle à la réussite de la prochaine rentrée. Une attention particulière devra être portée aux conditions de scolarité, notamment dans les régions affectées par des perturbations climatiques récentes.
Le ministre a également placé le bon fonctionnement des cantines scolaires et du transport scolaire parmi les priorités absolues, afin de garantir la stabilité et la continuité de la scolarité des élèves. Il a, à ce titre, mis en garde contre toute forme d’approximation dans la gestion du secteur, soulignant que des décisions mal étayées peuvent entraîner des conséquences lourdes sur le terrain.
Un collège en pleine refonte
Au cœur des annonces ministérielles figure un lifting en profondeur de l’enseignement moyen, considéré comme un palier stratégique dans le parcours scolaire. Plusieurs ajustements majeurs sont annoncés pour la rentrée 2026-2027, notamment la révision de certaines matières et des horaires d’enseignement en 2e année de collège, ainsi que l’extension du processus d’allègement des programmes à la 4e année moyenne.
Dans le même sillage, un nouveau programme d’enseignement de la langue anglaise sera introduit au niveau du collège, capitalisant sur les améliorations déjà engagées dans ce domaine. L’enseignement de l’éducation islamique sera désormais confié exclusivement à des enseignants spécialisés, conformément à l’orientation générale du ministère visant la spécialisation des enseignants dans leurs disciplines respectives.
Qualité pédagogique et spécialisation des enseignants
Sadaoui a réaffirmé la ligne directrice de son département : enseigner chaque matière par des enseignants spécialisés, une approche destinée à améliorer le niveau des apprentissages, à garantir la qualité pédagogique et à mieux adapter les méthodes aux profils des élèves. Cette orientation marque une rupture assumée avec l’ancienne approche généraliste.
Les réformes pédagogiques en cours incluent également la poursuite de l’allègement des programmes au primaire, avec, pour la rentrée prochaine, une amélioration annoncée de la structure des contenus et de l’emploi du temps de la 4e année primaire.
Anticiper pour réussir la rentrée
S’inscrivant dans la continuité du programme présidentiel de promotion de l’enseignement, ces mesures traduisent une volonté d’anticipation et de planification rigoureuse. Le ministre n’a pas occulté les insuffisances persistantes, notamment la surcharge dans certains établissements, appelées à être progressivement résorbées grâce à la livraison de nouvelles infrastructures scolaires, en coordination avec les secteurs concernés.
À travers ces orientations, l’Éducation nationale se projette vers la rentrée 2026-2027 avec un double objectif : maîtriser l’expansion du système et rehausser durablement la qualité des apprentissages, dans un secteur qui demeure l’un des piliers de la politique publique nationale.
L.R.



