La durée du trajet ferroviaire entre Alger et Constantine devrait être ramenée à trois heures, contre huit à dix heures actuellement, grâce à des travaux de réhabilitation en cours sur cette ligne stratégique du nord du pays. L’annonce a été faite par le ministre des Transports, Saïd Sayoud, lors d’une séance plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN), où il a détaillé l’ampleur des investissements engagés par l’État dans le secteur ferroviaire.
Cette réduction significative du temps de parcours constitue l’un des objectifs phares du vaste programme national de modernisation du rail, destiné à améliorer la mobilité des voyageurs, à renforcer la compétitivité du transport ferroviaire et à alléger la pression sur le réseau routier.
Pour accompagner cette transformation, le président de la République a mobilisé près de 500 milliards de dinars, soit environ 4 milliards de dollars, exclusivement dédiés à l’acquisition de nouveaux trains de transport de voyageurs et de marchandises, a précisé le ministre. Ces achats s’inscrivent dans un plan global d’investissements estimé à plus de 20 milliards de dollars, couvrant à la fois les infrastructures et les équipements.
Moderniser le Nord, désenclaver le Sud
Au-delà de la ligne Alger–Constantine, ces investissements visent à moderniser l’ensemble du réseau ferroviaire national et à désenclaver de vastes régions du Sud, longtemps pénalisées par l’isolement géographique. Le rail est également appelé à jouer un rôle clé dans l’exploitation et l’acheminement des ressources minières stratégiques, notamment le minerai de fer.
Dans ce cadre, l’Algérie a récemment mis en service, le 1er février, la ligne ferroviaire Béchar–Gara Djebilet, longue de 950 kilomètres. Cette infrastructure relie la région de Tindouf au réseau national et à la façade méditerranéenne, avec une continuité ferroviaire possible jusqu’en Tunisie. « Aujourd’hui, on peut prendre le train de Gara Djebilet à Tunis sans aucun problème », a souligné Saïd Sayoud.
Dans l’Est du pays, les travaux de la ligne ferroviaire minière entre Bled El Hadba (Tébessa) et Annaba, sur 422 kilomètres, sont en cours. Ce projet stratégique, destiné à faciliter le transport du minerai de fer vers les ports, devrait être livré d’ici la fin de l’année 2026.
Par ailleurs, le processus de construction d’une nouvelle voie ferrée reliant Laghouat à El Ménéa via Ghardaïa, sur 495 kilomètres, a été lancé. Dotée d’un budget de 2,6 milliards de dollars, cette ligne constitue un maillon essentiel du futur axe ferroviaire Alger–Tamanrasset, long de plus de 2 000 kilomètres, dont la mise en service est prévue à l’horizon 2028.
Un réseau appelé à doubler en un temps record
Grâce à l’ensemble de ces projets, la longueur du réseau ferroviaire national devrait doubler en moins d’une année, passant de 4 500 kilomètres à près de 9 000 kilomètres, a indiqué le ministre des Transports. Une évolution majeure qui traduit un changement d’échelle dans la politique nationale des transports.
En misant sur le rail, les autorités entendent faire de ce mode de transport un levier structurant du développement économique, de la cohésion territoriale et de la transition vers des mobilités plus durables. La réduction annoncée du temps de trajet entre Alger et Constantine illustre cette ambition : réconcilier rapidité, fiabilité et accessibilité, tout en redonnant au train une place centrale dans les déplacements des Algériens.
L.R.



