Le Groupe d’action financière (GAFI) a annoncé que l’Algérie avait « substantiellement achevé son plan d’action » contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ce constat, encore discret hors du cercle des spécialistes, représente un signal fort pour le pays et confirme les efforts menés depuis plusieurs années pour sécuriser le système financier national.
Pour sortir de la « liste grise », il ne suffit plus de multiplier les textes législatifs : il faut démontrer que les mesures sont appliquées concrètement, que les contrôles fonctionnent et que la coopération entre administrations et opérateurs économiques est effective. C’est exactement ce que le GAFI s’apprête à vérifier lors d’une mission sur place, étape finale avant une éventuelle décision de retrait.
Des efforts conséquents pour aligner l’Algérie sur les standards internationaux
Depuis plusieurs années, l’Algérie a engagé un travail soutenu pour se conformer aux lignes directrices du GAFI. Le pays a modernisé sa législation financière, renforcé les capacités de ses institutions de contrôle et mis en place des mécanismes de suivi et de déclaration d’opérations suspectes. Le registre national des bénéficiaires effectifs, par exemple, constitue une avancée majeure : il permet de connaître avec précision l’identité des véritables propriétaires des entreprises et d’améliorer la transparence dans les flux financiers. Ces mesures traduisent une volonté politique claire de répondre aux observations du GAFI et d’inscrire la réforme dans la durée.
Les réformes engagées couvrent les principaux standards internationaux?: renforcement de la supervision fondée sur le risque, consolidation du cadre d’identification des bénéficiaires effectifs, amélioration du traitement des déclarations d’opérations suspectes et encadrement des organisations à but non lucratif sans pénaliser leur activité légitime. Selon les autorités, cette dynamique vise non seulement à satisfaire les standards internationaux, mais aussi à protéger la souveraineté financière et à améliorer l’attractivité économique de l’Algérie. «?Nous avons réalisé un travail colossal pour répondre aux observations du GAFI?», affirmait le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, à l’été 2025.
Le GAFI, l’autorité de référence mondiale
Créé en 1989, le GAFI est l’instance intergouvernementale qui fixe les normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ses recommandations sont suivies par plus de 200 juridictions à travers le monde, et sa «?liste grise?» ou «?liste noire?» influence directement la confiance des investisseurs et les relations financières internationales. Être reconnu par le GAFI comme ayant substantiellement mis en œuvre son plan d’action confère donc à l’Algérie une légitimité et une crédibilité accrues sur la scène économique mondiale.
La prochaine phase — l’évaluation sur place — sera décisive. Si le GAFI confirme que les réformes sont appliquées de manière durable, l’Algérie pourrait bientôt quitter la «?liste grise?», renforçant ainsi la confiance des investisseurs et la crédibilité de son environnement financier.
S.B.



