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mardi 24 mars 2026

Giorgia Meloni fragilisée après l’échec du référendum sur la justice

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Le revers est net et politiquement lourd. En Italie, le référendum sur la réforme judiciaire porté par la Première ministre Giorgia Meloni s’est soldé par une victoire du « non », recueillant un peu plus de 54 % des suffrages contre environ 46 % pour le « oui », selon des résultats quasi définitifs publiés par le ministère de l’Intérieur. Organisée sur deux jours, la consultation a mobilisé plus de 58 % des électeurs, une participation supérieure aux prévisions.

Un revers politique sans démission

Ce scrutin constitue un coup d’arrêt pour la cheffe du gouvernement, au pouvoir depuis octobre 2022 à la tête d’une coalition de droite jusqu’ici relativement stable. Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, Giorgia Meloni a reconnu la défaite tout en excluant toute démission. « Les Italiens ont tranché, et nous respectons leur décision », a-t-elle affirmé, assurant que son gouvernement poursuivra son action « avec sérieux et détermination ».

Du côté de la majorité, les responsables politiques avaient d’ailleurs anticipé cette issue en minimisant les conséquences du vote sur la stabilité de l’exécutif. « Le référendum n’a aucune incidence sur le sort du gouvernement », avait insisté Galeazzo Bignami, figure du parti au pouvoir.

L’opposition crie à un désaveu

À l’inverse, les forces d’opposition ont immédiatement interprété le résultat comme un désaveu politique. Le leader du Mouvement 5 Étoiles, Giuseppe Conte, a salué « une victoire de la Constitution » et évoqué « un avis d’expulsion » adressé au gouvernement, appelant à une recomposition politique.

Pour plusieurs analystes, ce scrutin marque une inflexion dans la trajectoire de Giorgia Meloni. « C’est un très mauvais résultat », estime Daniele Albertazzi, professeur à l’université de Surrey. Selon lui, la Première ministre « a perdu le soutien de l’électorat sur un point majeur de son programme », ce qui affaiblit son image jusque-là perçue comme solide. Sans pour autant préjuger de l’issue des prochaines législatives prévues en 2027, il souligne que « l’image d’invincibilité n’est plus d’actualité ».

Une réforme controversée

Au cœur du référendum : une réforme profonde de l’organisation judiciaire italienne. Le gouvernement défendait notamment la séparation des carrières entre juges et procureurs, ainsi qu’une refonte du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé de superviser les magistrats.

Le projet prévoyait de scinder cet organe en deux entités distinctes — l’une pour les juges, l’autre pour les procureurs — et d’introduire une nouvelle juridiction disciplinaire composée en partie de membres tirés au sort. Il visait également à limiter strictement les passerelles entre les fonctions de juge et de procureur.

Pour l’exécutif, ces mesures devaient garantir une justice plus impartiale. Mais pour l’opposition et une large partie des magistrats, elles représentaient au contraire un risque d’ingérence politique accrue dans le fonctionnement de la justice, sans répondre aux problèmes structurels du système, notamment la lenteur des procédures et la surpopulation carcérale.

Un gouvernement fragilisé mais en place

Malgré ce revers, l’exécutif ne semble pas immédiatement menacé. Pour Lorenzo Castellani, professeur à l’université Luiss de Rome, Giorgia Meloni pourrait chercher à reprendre l’initiative politique, notamment en relançant un projet de réforme électorale et en envisageant des élections anticipées à l’horizon 2027.

En attendant, ce référendum marque un tournant. Sans provoquer de crise gouvernementale immédiate, il affaiblit la Première ministre sur le plan politique et ouvre une nouvelle séquence où majorité et opposition tenteront de redéfinir leurs rapports de force.

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