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dimanche 17 mai 2026

Près de 70 000 nouveaux cas de cancer à l’horizon 2030

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L’Algérie enregistre chaque année entre 55 000 et 56 000 nouveaux cas de cancer, avec un taux d’incidence variant entre 103 et 150 cas pour 100 000 habitants. Mais les projections sanitaires annoncent une progression continue de la maladie, au point d’atteindre près de 70 000 nouveaux cas annuels à l’horizon 2030.

Face à cette évolution préoccupante, les autorités sanitaires accélèrent la mise en œuvre d’une stratégie nationale fondée sur la prévention, le dépistage précoce, l’amélioration des traitements et la modernisation des infrastructures de santé.

Une stratégie nationale axée sur la prévention et le numérique

La sous-directrice des services hospitaliers au ministère de la Santé, la docteure Lamia Yacef, a indiqué que la commission sectorielle de coordination pour la prise en charge du cancer vise à renforcer les efforts nationaux afin d’assurer une meilleure prise en charge des patients.

Cette démarche repose notamment sur la promotion de la prévention et du dépistage précoce, le soutien aux différents mécanismes de traitement et de suivi, l’unification des protocoles thérapeutiques ainsi que l’amélioration du parcours de soins.

La responsable a également insisté sur l’importance de la numérisation dans cette stratégie, à travers la mise en service de plusieurs plateformes numériques, dont la plateforme du Fonds cancer et le dossier médical électronique du patient, afin d’assurer un suivi précis et global des malades.

Modernisation des structures sanitaires

Selon la docteure Yacef, cette orientation s’inscrit dans le cadre de l’attention particulière accordée par les hautes autorités du pays, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, à la lutte contre le cancer.

Lors du Conseil des ministres du 3 mai 2026, le chef de l’État avait appelé à l’adoption d’une approche nationale globale fondée sur la prévention, la rapidité du dépistage et l’efficacité des traitements, tout en renforçant les capacités des structures sanitaires et la qualité de la prise en charge des patients.

Les autorités prévoient également la création d’un dispositif chargé de superviser la disponibilité et la distribution des médicaments anticancéreux afin de garantir une utilisation optimale des capacités thérapeutiques.

Rationalisation des dépenses et soutien à la recherche

La commission sectorielle sera aussi chargée de rationaliser l’utilisation des ressources financières consacrées à ce secteur stratégique, conformément aux objectifs de la stratégie nationale de lutte contre le cancer.

Elle devra également valoriser les acquis réalisés dans le domaine de la numérisation, renforcer les systèmes de gestion des pannes techniques et améliorer la continuité des services de santé.

Par ailleurs, l’accent sera mis sur le développement de la radiothérapie, le soutien à la formation spécialisée et l’encouragement de la recherche scientifique dans le domaine de l’oncologie.

Une offre de soins en progression

L’évaluation de l’expérience algérienne en matière de dépistage précoce a révélé une évolution notable des capacités thérapeutiques du pays. L’Algérie a considérablement élargi son réseau de centres de traitement du cancer et généralisé l’accès gratuit à la radiothérapie et à la chimiothérapie.

Les hôpitaux ont également bénéficié d’équipements et de technologies plus modernes par rapport aux années précédentes, permettant au système de santé de mieux s’aligner sur les politiques internationales privilégiant la prévention.

La gratuité des soins demeure l’un des principaux atouts du modèle algérien, notamment face à de nombreux pays où les coûts des traitements anticancéreux restent hors de portée pour une grande partie des patients.

Une réforme sanitaire à long terme

Pour la docteure Yacef, cette nouvelle étape constitue un jalon important dans la réforme du système de santé algérien. Elle devrait permettre une meilleure coordination entre les différents acteurs du secteur et garantir une prise en charge plus efficace des malades à court, moyen et long terme.

Les autorités sanitaires ambitionnent ainsi de bâtir une vision stratégique durable de lutte contre le cancer, avec des perspectives étendues jusqu’en 2035.

L.R.

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