Alger a répondu au Fonds monétaire international sans détour. Interrogé samedi soir lors d’une entrevue diffusée par la Télévision algérienne, le président Abdelmadjid Tebboune a écarté les projections de l’institution de Washington, qui anticipe une chute des réserves de change du pays à 29 milliards de dollars à l’horizon 2031. Selon lui, elles seront en réalité plus élevées. Le chef de l’État a surtout déplacé le débat du terrain comptable vers celui du politique : la priorité, a-t-il martelé, est d’accroître les revenus hors hydrocarbures, et il ne s’agit pas d’une affaire de devises mais d’une question de souveraineté.
Face à la presse nationale, le président a abordé plusieurs dossiers, de la cherté de la vie à la situation au Sahel, en passant par la diplomatie algérienne.
Le pouvoir d’achat, entre protection des citoyens et sanctions locales
Sur la flambée des prix des fruits et légumes, Abdelmadjid Tebboune a tenu à disculper les producteurs. À ses yeux, la grande majorité des agriculteurs n’est pas responsable de cette hausse. Il a affirmé que la sauvegarde du pouvoir d’achat des citoyens restait un impératif et indiqué avoir limogé certains responsables locaux, signalant ainsi que les défaillances se situent ailleurs que dans les champs.
Niger : l’envoi d’avions militaires présenté comme une réplique
Le chef de l’État a également justifié l’envoi d’appareils militaires au Niger, en insistant sur la concomitance des événements. Le Premier ministre nigérien se trouvait en Algérie au moment même où une tentative de coup d’État survenait à Niamey. Y voyant une possible provocation à l’égard de l’Algérie, il a prévenu qu’il répondrait en dépêchant à son tour des avions. Un message adressé à ceux qui chercheraient à déstabiliser le pays voisin ou à défier Alger.
Une diplomatie à plusieurs partenaires
Interrogé sur l’escale du président iranien à l’aéroport d’Alger, Abdelmadjid Tebboune a rappelé qu’un chef d’État souhaitant se poser en Algérie y est le bienvenu. Il a enfin réaffirmé que son pays ne renonçait à aucune de ses relations, ni avec la Russie, ni avec la Chine, ni avec les États-Unis.
S.B.



