Face à une sécheresse persistante et à des besoins croissants en eau potable, l’Algérie a franchi une étape majeure dans le renforcement de sa sécurité hydrique. Ce lundi 29 décembre 2025, le gouvernement a lancé le processus de construction de trois nouvelles stations de dessalement de l’eau de mer, capables d’alimenter jusqu’à 9 millions de personnes, dans le cadre d’une stratégie nationale ambitieuse visant à garantir un approvisionnement régulier en eau potable pour l’ensemble de la population.
La cérémonie de signature des contrats de construction s’est tenue au siège de Sonatrach, sous la présidence du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab. Les trois stations seront implantées dans les wilayas de Tlemcen, Chlef et Mostaganem. Il s’agit respectivement des sites d’Aïn Ajeroud à Marsa Ben M’Hidi (Tlemcen), Dahra à El Marsa (Chlef) et Sidi Ladjal à El Khadra (Mostaganem). Les détails financiers des contrats n’ont pas été rendus publics. Parallèlement, un mémorandum d’entente a été signé entre la Société algérienne de dessalement de l’eau de mer (ADC), filiale de Sonatrach, et la Société algérienne des eaux (ADE), afin de coordonner la mise en œuvre des projets et de garantir leur intégration dans le réseau national de distribution.
5,6 millions de m³/jour à l’horizon 2030
Selon le ministère des Hydrocarbures et des Mines, ces projets s’inscrivent dans le cadre du premier volet du deuxième programme national complémentaire lancé par le président Abdelmadjid Tebboune. Ce programme prévoit la construction de six grandes stations de dessalement, chacune dotée d’une capacité de production de 300 000 m³/jour. L’objectif est de porter la capacité nationale de production d’eau dessalée à 5,6 millions de m³/jour à l’horizon 2030, répondant ainsi aux besoins d’une population en croissance et aux contraintes liées au changement climatique et à la sécheresse.
Les travaux de construction seront réalisés selon le modèle EPC (Engineering, Procurement, Construction) et confiés à des entreprises nationales : Cosider Tubes pour la station de Tlemcen, l’Entreprise nationale des grands travaux pétroliers (ENTP) pour la station de Chlef, et l’Entreprise algérienne de réalisation de projets industriels pour la station de Mostaganem. La durée d’exécution des travaux est estimée à 22 mois, conformément aux délais prévus dans les contrats.
Le ministère a souligné que ces initiatives illustrent l’engagement de Sonatrach en tant qu’« entreprise citoyenne », pleinement investie dans la transition vers une sécurité hydrique durable et la mise en place d’infrastructures capables de répondre aux besoins futurs du pays.
Ces trois nouvelles stations s’inscrivent dans un programme plus large de construction de cinq nouvelles usines de dessalement. Les emplacements des deux dernières n’ont pas encore été définis. Elles s’ajoutent aux cinq premières usines mises en service en 2025 à Bejaia, Tipaza, Oran, El Tarf et Boumerdès, qui ont marqué le début d’un effort concerté pour renforcer les capacités de dessalement de l’eau de mer en Algérie.
À travers ces projets, les pouvoirs publics réaffirment leur volonté de garantir la sécurité hydrique nationale, de s’appuyer sur les compétences des entreprises publiques et d’adopter une vision stratégique intégrée pour un développement durable.
L.R.



