Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a mobilisé une enveloppe financière de 1,47 milliard de dinars pour le versement de l’allocation de Ramadhan au profit des familles démunies. Cette aide directe, fixée à 10 000 dinars par ménage, constitue l’un des principaux instruments d’intervention sociale de l’État durant le mois sacré.
L’annonce a été faite par Sofiane Abdelnour, inspecteur central au ministère, qui a souligné que cette allocation fait l’objet d’un traitement prioritaire afin d’être versée de manière anticipée, avant l’entame du mois de Ramadhan. L’objectif, selon lui, est de permettre aux bénéficiaires de subvenir à leurs besoins essentiels dans des conditions dignes, sans pression ni précipitation.
S’exprimant lundi sur les ondes de la Chaîne I de la Radio nationale, dans l’émission L’Invité du matin, Sofiane Abdelnour a expliqué que les préparatifs du programme de solidarité pour Ramadhan s’inscrivent cette année dans une nouvelle approche stratégique, placée sous le slogan : « Des interventions conjoncturelles aux actions anticipatives ».
Cette orientation vise à renforcer l’efficacité et la durabilité des dispositifs sociaux, à travers une meilleure planification et une coordination institutionnelle accrue. Le responsable a rappelé que le mois de Ramadhan revêt une dimension sociale et spirituelle particulière en Algérie, période durant laquelle les valeurs de solidarité et de cohésion sociale sont fortement mobilisées.
Cinq axes majeurs d’intervention
Selon le représentant du ministère, le programme de solidarité déployé durant le mois de Ramadhan repose sur cinq axes fondamentaux, en cohérence avec le caractère social de l’État consacré par la Constitution. Il s’agit notamment de l’octroi d’une allocation financière directe aux familles démunies ; l’encadrement et l’organisation de l’ouverture des restaurants de solidarité (restaurants de la rahma) ; le renforcement du partenariat avec les associations de la société civile ; l’accompagnement des familles et des femmes productrices, notamment à travers la promotion et la commercialisation de leurs produits dans les espaces commerciaux et les marchés de proximité ; et l’organisation du concours national de mémorisation et de récitation du Saint Coran.
Abordant la question des restaurants de la rahma, Sofiane Abdelnour a précisé que les directions de wilaya de l’action sociale et de la solidarité assurent l’encadrement de leur ouverture à travers l’ensemble du territoire national, conformément à des dispositions réglementaires strictes.
Les demandes émanant des associations et des bienfaiteurs font l’objet d’un examen approfondi, tant sur le plan juridique que sanitaire. Des médecins relevant des cellules de solidarité de proximité sont mobilisés pour veiller au respect des normes d’hygiène et de sécurité alimentaire, afin de prévenir tout risque d’intoxication et de garantir la qualité des repas servis.
Le responsable a également évoqué l’allocation forfaitaire de solidarité, versée mensuellement à plusieurs catégories sociales vulnérables, notamment les femmes chefs de famille sans revenu — telles que les divorcées et les veuves — ainsi que les personnes âgées de plus de 60 ans disposant de faibles ressources.
Cette aide concerne également les familles prenant en charge des enfants en situation de handicap total, ainsi que des personnes atteintes de maladies chroniques ou graves. Son montant varie entre 7 000 et 12 000 dinars, et bénéficie actuellement à environ 1,47 million de personnes chaque mois.
Par ailleurs, Sofiane Abdelnour a rappelé l’existence de l’allocation scolaire annuelle, fixée à 5 000 dinars, destinée à près de 3 millions d’élèves issus de familles démunies ou à revenu limité, en complément de la fourniture de kits scolaires.
Enfin, le représentant du ministère a indiqué que près de 300 cellules de solidarité de proximité sont opérationnelles à travers le pays, à raison de cinq à six cellules par wilaya. Ces structures assurent un travail continu d’actualisation des listes de bénéficiaires, d’identification des familles éligibles et d’examen des dossiers sociaux, notamment au début de chaque année.
L.R.



