Approuvée par le Conseil des ministres le 20 avril 2025, la Stratégie nationale de lutte contre la drogue et les substances psychotropes 2025-2029 marque un tournant décisif dans la politique algérienne de prévention, de prise en charge et de lutte contre ce fléau aux répercussions sanitaires, sociales et sécuritaires majeures.
C’est ce qu’a souligné le Dr Lallia Anteur, chargée de la direction des études et analyses à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), lors de son intervention, ce mardi, à l’émission « L’invité du jour » sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio algérienne.
Une mobilisation élargie de l’État et de la société civile
Revenant sur les fondements de cette nouvelle stratégie, Mme Anteur a insisté sur le fait qu’elle repose sur « une approche globale et multisectorielle », impliquant à la fois plusieurs institutions de l’État et les acteurs de la société civile. Elle a précisé que les nombreuses campagnes de sensibilisation actuellement menées par différents secteurs s’inscrivent toutes dans le cadre de cette stratégie nationale, qui accorde une place centrale à la prévention de proximité.
Dans ce contexte, elle a évoqué la récente initiative du ministère de la Solidarité nationale, annonçant le lancement d’une campagne de sensibilisation destinée à toucher directement les citoyens au niveau local. Cette dynamique est consolidée par la signature d’une convention entre l’Agence de développement de la solidarité et l’ONLCDT, visant à déployer des actions concrètes de prévention à travers l’ensemble du territoire national, en s’appuyant sur près de 300 cellules de proximité.
Quatre axes structurants pour la période 2025-2029
Détaillant l’architecture de la stratégie nationale, la responsable a indiqué qu’elle s’articule autour de quatre axes majeurs, conçus pour couvrir l’ensemble du spectre de la lutte antidrogue.
Le premier axe est consacré à la prévention de la consommation de stupéfiants et de substances psychotropes. Il prévoit pas moins de 236 activités, impliquant 33 secteurs et organismes nationaux, traduisant l’ampleur de la mobilisation institutionnelle autour de cette priorité.
Le deuxième axe concerne le traitement et la réinsertion des personnes dépendantes, à travers 30 activités mises en œuvre par quatre secteurs spécialisés, avec pour objectif de renforcer les dispositifs de prise en charge médicale, psychologique et sociale.
Le troisième axe est dédié à la lutte contre le trafic de drogue, principalement pilotée par les services de sécurité. Il comprend 25 actions ciblées visant à renforcer les capacités opérationnelles, le démantèlement des réseaux criminels et la sécurisation du territoire.
Enfin, le quatrième axe porte sur le renforcement de la coopération internationale, avec 21 activités programmées, afin d’améliorer l’échange d’informations, la coordination régionale et la lutte contre les réseaux transnationaux.
L’ONLCDT, pivot de la coordination nationale
Interrogée sur le rôle de l’ONLCDT, Mme Anteur a rappelé que l’Office agit comme coordonnateur national et point focal en matière de lutte contre la drogue, tant au niveau national qu’international. À ce titre, il assure la coordination entre les différents secteurs concernés, en s’appuyant sur un comité de suivi regroupant 14 secteurs, les services de sécurité ainsi que quatre associations actives dans la prévention de proximité.
L’Office joue également un rôle central dans la collecte, l’analyse et l’exploitation des données relatives aux saisies de drogues, aux dispositifs de prise en charge et aux tendances de consommation, permettant ainsi d’orienter les politiques publiques sur la base d’indicateurs fiables.
Une menace persistante, notamment chez les jeunes
La responsable est également revenue sur la récente saisie de plus de trois millions de comprimés psychotropes et le démantèlement d’un réseau criminel transnational, illustrant l’ampleur et la complexité du phénomène. Selon les données disponibles, la Prégabaline demeure la substance psychotrope la plus répandue en Algérie, avec une consommation jugée excessive, particulièrement chez les jeunes.
Cette situation, a-t-elle souligné, renforce l’urgence d’une action concertée, durable et cohérente, associant prévention, traitement, répression et coopération internationale, afin de protéger la société, préserver la jeunesse et consolider la santé publique.
L.R.



