En visite de travail à Constantine, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Boudouda, a affirmé ce samedi, depuis le Palais de la culture Mohamed El Aïd Al Khalifa, que le dynamisme culturel dont témoigne l’Algérie aujourd’hui est la traduction concrète de la vision du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune pour qui la culture s’érige en levier fondamental du développement humain, en socle de l’identité nationale et en moteur du rayonnement civilisationnel du pays.
Dans cette perspective, elle a souligné que l’attention particulière portée à Constantine s’inscrit pleinement dans cette volonté politique en la dotant de moyens conséquents ambitionnant de restaurer le prestige de la cité des Ponts en tant que capitale culturelle incontestée de l’Est algérien, précisant que les projets structurants en cours bénéficient du suivi direct des hautes autorités du pays, traduisant ainsi l’importance stratégique accordée au secteur culturel.
Par ailleurs, Mme Boudouda a mis en exergue la portée symbolique de Constantine, qu’elle a décrite comme un pilier majeur de l’identité algérienne, “ cité de lumière sculptée dans le roc et suspendue entre terre et ciel ”, rappelant son rôle historique de haut lieu du savoir et de la résistance.
Héritage andalou et mémoire vivante
Poursuivant son intervention dans le cadre du colloque international consacré au patrimoine morisque en Algérie, la ministre a insisté sur le fait que l’Andalousie ne constitue pas une simple parenthèse refermée, mais bien l’un des chapitres les plus glorieux de notre histoire commune. De ce fait, l’héritage porté par les vagues de migrations morisques vers des villes telles que Tlemcen, Alger et Constantine demeure une composante vivante et active de l’identité nationale.
A cet égard, elle a rendu un hommage appuyé à plusieurs figures académiques pour leurs contributions majeures, citant notamment le Professeur Abdeljelil Temimi pour ses recherches de référence sur Ahmed Bey, ainsi que le Dr Abdallah Hamadi, qualifié de “ troubadour ” de la ville pour ses traductions et ses poèmes dédiés à l’Andalousie. Elle a également salué les travaux du Dr Nassereddine Saidouni, figure de proue de l’école historique algérienne et l’expertise de la Dr Fatima Zohra Guechi sur l’histoire sociale et l’urbanisme de la cité.
Festivals et mémoire à l’honneur
Au-delà des réflexions académiques, Mme Boudouda a dévoilé un programme d’action concret pour dynamiser la scène culturelle locale en procédant à l’installation officielle de deux figures majeures à la tête de manifestations culturelles d’envergure, nommant M. Abdelhakim Dekkar en qualité de commissaire du Festival international de panorama du cinéma et M. Ahmed Benkhallaf en tant que commissaire du Festival national de l’Aïssaoua. A travers ces nominations, elle ambitionne de redynamiser la scène culturelle locale et de renforcer la structuration des grands rendez-vous artistiques.
Dans le même esprit, elle a mis en avant la dimension mémorielle du septième art en programmant la projection, au Zénith, du film “ Ahmed Bey ” produit par le ministère de la Culture. Cette œuvre, qui retrace la résistance du dernier Bey de Constantine face à l’occupation française, a été saluée par la ministre pour l’approche artistique de la productrice Samira Hadj Djilani soulignant l’importance du cinéma comme vecteur de transmission historique et de valorisation de la mémoire nationale
En définitive, cette visite de travail ne s’est pas contentée de célébrer la richesse du passé, mais a jeté les bases d’un avenir où la culture redevient le moteur du développement local. En appelant à une mobilisation collective des autorités, des intellectuels et des artistes, la ministre a rappelé que Constantine, riche de l’héritage de ses géants tels que Ben Badis, Malek Haddad, Ahlam Mosteghanemi, Z’hor Ounissi, Reda Houhou ou encore le maître du malouf Hadj Mohamed Tahar Fergani, possède tous les atouts pour rayonner à nouveau.
Ainsi, portée par une volonté politique affirmée au plus haut sommet de l’État, cette nouvelle dynamique ambitionne de rendre à la Ville des Ponts sa place légitime de phare intellectuel et artistique de l’Algérie.
Soumeya B.M



