Alors que Washington exige une « capitulation sans condition » de Téhéran, la République islamique oppose une riposte asymétrique fondée sur une guerre d’usure à bas coût. Entre frappes de drones bon marché, tensions régionales et climat de deuil national, le Moyen-Orient s’enfonce dans une crise dont l’issue reste incertaine.
Le président américain Donald Trump a durci le ton en rejetant toute perspective de compromis. Sur son réseau Truth Social, il a affirmé qu’il n’y aurait « pas d’accord avec l’Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ». Promettant paradoxalement de « relever l’Iran » après sa reddition, il a conclu par un provocateur « MAKE IRAN GREAT AGAIN ! ». Cette déclaration a immédiatement fait bondir les prix du pétrole, les marchés redoutant une escalade durable dans le Golfe.
Sur le terrain, les bombardements se poursuivent. De nouvelles explosions ont secoué l’est de Téhéran, où des colonnes de fumée noire se sont élevées au-dessus de la capitale. Depuis l’offensive israélo-américaine lancée le week-end dernier, la ville vit dans un climat de peur. « La ville s’est vidée », confie un habitant ayant quitté le pays, évoquant des explosions quotidiennes.
Cette pression militaire intervient alors que l’Iran traverse une période de fragilité politique après la mort du guide suprême Ali Khamenei. Lors de la prière du vendredi à Téhéran, des foules vêtues de noir ont rendu hommage au dirigeant disparu, brandissant ses portraits dans une atmosphère de ferveur et de défi.
Face à la supériorité militaire de ses adversaires, Téhéran mise sur une stratégie asymétrique reposant sur des armes peu coûteuses. Les drones Shahed en sont le symbole. Ces engins, capables de parcourir plus de 1 500 kilomètres pour quelques dizaines de milliers de dollars, sont utilisés en essaims pour saturer les systèmes de défense aérienne et épuiser les stocks de missiles d’interception bien plus coûteux.
Depuis le début du conflit, plus de 1 000 drones iraniens auraient été lancés dans la région. Plusieurs infrastructures stratégiques ont été visées dans les pays du Golfe : ports, raffineries, installations énergétiques et bases militaires. Une attaque contre un centre d’opérations au Koweït a notamment coûté la vie à six soldats américains.
La guerre s’est également étendue au Liban. Le mouvement chiite Hezbollah, allié de Téhéran, a ouvert un front contre Israël. La riposte israélienne a été massive : des centaines de cibles frappées et des dizaines de milliers de civils contraints de fuir, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth. Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a évoqué un risque de crise humanitaire majeure.
Parallèlement, une polémique internationale a éclaté autour d’une frappe ayant détruit une école à Minab, dans le sud de l’Iran, où les autorités iraniennes affirment que 150 civils ont été tués. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk a réclamé une enquête « rapide et transparente ».
Malgré sa puissance militaire, Washington semble se préparer à un conflit prolongé. Si Donald Trump exclut pour l’instant l’envoi de troupes au sol, son secrétaire à la Défense Pete Hegseth a averti : « Nous ne sommes qu’au début des combats ».
Dans ce bras de fer, l’Iran paraît miser sur le temps. Incapable d’affronter directement les États-Unis et leurs alliés, la République islamique cherche à transformer le conflit en guerre longue et coûteuse. Entre drones « low-cost » et fronts régionaux, la stratégie de Téhéran pourrait prolonger l’instabilité dans tout le Moyen-Orient.



