Les actes d’imprudence, les chantiers non coordonnés et l’occupation illégale du domaine public continuent de grever lourdement les finances de Sonelgaz à Constantine, tout en privant des milliers de foyers d’un service énergétique essentiel.
À Constantine, la recrudescence des atteintes portées aux infrastructures de distribution d’électricité et de gaz dresse un bilan particulièrement préoccupant pour le premier semestre et jusqu’à la fin du mois de juillet. Entre travaux de terrassement exécutés sans concertation préalable, prolifération de constructions anarchiques et mépris flagrant des périmètres de sécurité réglementaires, les dégradations répétées se traduisent par des pertes financières se chiffrant en millions de dinars. Au-delà du préjudice économique net subi par la société nationale Sonelgaz, ces interventions intempestives provoquent de nombreuses ruptures d’approvisionnement, altérant la qualité de vie des usagers et la sécurité des riverains.
Le réseau de gaz sous le choc des infractions répétées
Le réseau de gaz naturel concentre la majorité des atteintes enregistrées sur le territoire. La Direction de distribution fait état de 160 agressions directes au cours de cette période, ayant entraîné des coupures d’alimentation immédiates pour 1 504 abonnés. Dans l’écrasante majorité des cas, la responsabilité des dommages incombe aux entreprises engagées dans divers projets de développement urbain ou d’infrastructures, lesquelles interviennent sans respecter les distances de sécurité légales. La facture globale de ces dégâts matériels directs atteint 1,77 million de dinars.
Actes de vandalisme et vols ciblés sur les installations
Aux imprudences commises sur le domaine public s’ajoutent des agissements délictueux d’une gravité tout aussi marquée. Le bilan annuel met en lumière 41 actes de vol et de détérioration volontaire ciblant les conduites principales ainsi que les colonnes montantes situées au niveau des immeubles d’habitation. Ces sinistres ont occasionné un préjudice évalué à 410 000 dinars et ont systématiquement donné lieu à l’introduction de plaintes auprès des juridictions compétentes.
L’étau des constructions illicites et le coût des déviations
L’obstacle le plus complexe et le plus coûteux demeure toutefois l’occupation illégale des emprises des réseaux. Un total de 102 cas d’empiètement direct sur les canalisations de gaz a été recensé, principalement causé par l’édification de constructions anarchiques réalisées au-dessus des conduites enterrées. Pour sécuriser ces installations et prévenir tout risque d’accident technologique majeur, Sonelgaz a dû mobiliser en urgence une enveloppe de 19 millions de dinars afin de réaliser les déviations nécessaires. Les agents assermentés de la société ont transmis l’ensemble des procès-verbaux d’infraction au procureur de la République. Sur les 102 cas identifiés, les études techniques de déviation ont été achevées pour 61 situations, tandis que 56 opérations de déplacement de conduites ont déjà été concrétisées sur le terrain.
Le réseau électrique sous la pression des engins de chantier
Le réseau électrique n’échappe pas à cette pression destructrice. Les services techniques ont comptabilisé plus de 26 agressions directes localisées dans divers quartiers relevant de sept communes, notamment à Zouaghi, Boussouf, Sidi Mabrouk ainsi que dans la zone industrielle. Les interventions d’engins de terrassement opérant sur ou à proximité immédiate des câbles ont provoqué plus de 2 millions de dinars de dommages matériels.
Des perturbations récurrentes jusqu’au cœur de l’été
Les incidents se sont poursuivis durant le mois d’août. Une rupture causée dans la zone d’Er-Retba, à Didouche Mourad, a soudainement privé 500 ménages d’électricité. Peu de temps après, un chantier mené par une entreprise publique au quartier du Faubourg a de nouveau endommagé le réseau, interrompant la fourniture d’énergie pour 600 autres foyers. Lors de chaque événement, la mobilisation rapide des équipes d’intervention a permis de réparer les câbles et de rétablir le courant dans les meilleurs délais.
Un dispositif d’alerte et un appel solennel à la vigilance
Face à ces incidents largement évitables, la Direction de distribution met en avant la présence constante de ses brigades techniques et lance un appel pressant à la vigilance des citoyens comme des constructeurs. Toute anomalie, fuite ou intervention susceptible de menacer l’intégrité des infrastructures peut être signalée via le numéro d’urgence 3303. L’utilité de ce centre d’appels s’est confirmée en juin et juillet, mois durant lesquels 232 signalements ont été enregistrés et traités en urgence. Pour Sonelgaz, l’alerte précoce demeure l’un des leviers les plus efficaces pour contenir les dégâts, réduire la durée des coupures et préserver la continuité de ce service public essentiel.
R.C.



