Réunis ce mardi à l’Institut de la nutrition, de l’alimentation et des technologies agro-alimentaires (INATAA) de Constantine, experts, responsables agricoles et exploitants ont examiné les enseignements issus de sept campagnes de tests sur le terrain. L’objectif phare de cette rencontre est de convertir les réussites observées sur les parcelles de démonstration en un guide technique opérationnel, capable de transformer les pratiques culturales locales et de booster les rendements face aux perturbations climatiques.
Face à l’urgence d’adapter la filière des céréales d’hiver au dérèglement climatique, la journée d’information organisée dans la wilaya est tombée à point nommé. L’événement a rassemblé un vaste panel de professionnels, de chercheurs et d’acteurs de la filière venus disséquer le bilan technique de la septième campagne expérimentale consacrée aux grandes cultures de céréales et de légumineuses.
Cette initiative s’appuie sur une méthode résolument ancrée dans le réel. Comme l’a souligné le président de la Chambre d’agriculture de la wilaya, M. Mehdi Dali, ces zones d’expérimentation ont été directement conduites par des agriculteurs volontaires, placés dans des conditions d’exploitation authentiques.
La capitalisation des données accumulées durant sept saisons successives offre aujourd’hui un socle scientifique et pratique d’une grande valeur. L’ambition centrale consiste désormais à formaliser ces enseignements sous la forme d’un itinéraire technique de référence, directement transférable aux exploitations de la région.
Repenser le calendrier cultural et généraliser les bonnes pratiques
Parmi les constats marquants tirés des observations de terrain, la révision du calendrier des semis s’impose comme un axe majeur d’adaptation. Les données récoltées démontrent de manière probante que les semailles effectuées au cours du mois de décembre garantissent un comportement végétal et une productivité nettement supérieurs à ceux issus des semis précoces. Ce constat met en évidence la nécessité d’ajuster rigoureusement les gestes techniques aux évolutions de la météo régionale afin de sécuriser les récoltes.
L’analyse comparative entre les performances réalisées sur les parcelles d’essai et la moyenne globale de la wilaya fait apparaître une marge de progression considérable. L’écart mesuré confirme le potentiel inexploité des terres locales et plaide en faveur d’une vulgarisation massive de ces démarches innovantes.
En érigeant ces sites de démonstration en vitrines technico-pratiques, les professionnels disposent d’un espace privilégié pour évaluer l’efficacité des solutions avant de les intégrer à leurs propres itinéraires de production.
Cette dynamique d’échange direct entre techniciens et exploitants renforce la résilience du secteur agricole face aux aléas environnementaux. En traduisant les réussites du terrain en compétences partagées, la filière céréalière s’engage dans une trajectoire de modernisation durable. A terme, la généralisation de ces méthodes éprouvées constitue un levier déterminant pour consolider la souveraineté alimentaire et optimiser le rendement agricole à l’échelle nationale.
Soumeya B.M



