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samedi 7 février 2026

Don de sang : Plus de 721 000 poches collectées en 2024

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À l’approche de la Journée mondiale du donneur de sang, l’Algérie enregistre une progression notable dans la collecte de sang en 2024. L’Agence nationale du sang (ANS) souligne une hausse significative de la mobilisation citoyenne, mais appelle à renforcer encore davantage la culture du don bénévole.

À quelques jours de la célébration de la 21e Journée mondiale du donneur de sang, prévue le 14 juin, l’Agence nationale du sang (ANS) a dressé un bilan encourageant de l’année 2024. Selon un communiqué rendu public ce mercredi, plus de 721 700 poches de sang ont été collectées à travers le pays, représentant une hausse de 6,62 % par rapport à 2023. Ce résultat est le fruit de la mobilisation de plus de 866 000 donneurs, accueillis au sein des 261 structures de transfusion sanguine réparties sur le territoire national.

Un acte de solidarité, encore trop masculin

L’ANS précise que 56 % des dons ont été réalisés à titre bénévole, tandis que 44 % des donneurs se sont mobilisés pour venir en aide à un proche hospitalisé. Toutefois, un déséquilibre persiste dans le profil des donneurs : 88 % sont des hommes, mettant en lumière la sous-représentation des femmes dans cet acte solidaire.

L’ANS, cheville ouvrière de la sécurité transfusionnelle

Créée pour répondre aux besoins croissants en produits sanguins, l’Agence nationale du sang assure plusieurs missions vitales, à savoir organiser et coordonner la collecte de sang, garantir la sécurité transfusionnelle, superviser les banques de sang et leur fonctionnement, sensibiliser la population au don régulier, et former le personnel médical dans les pratiques de transfusion sécurisée.

L’ANS travaille en collaboration avec le ministère de la Santé, les établissements hospitaliers, les associations de donneurs et les collectivités locales pour garantir une couverture équitable et continue en produits sanguins.

Sous le slogan « Donnez votre sang, donnez l’espoir : ensemble, nous sauvons des vies », l’édition 2024 de la Journée mondiale du donneur de sang verra l’organisation de nombreuses activités sur l’ensemble du territoire national.
L’ANS a mobilisé, avec l’aide des directions de la santé, de la Fédération algérienne des donneurs de sang, du mouvement associatif et d’entreprises publiques et privées, une série d’événements de sensibilisation et de collectes exceptionnelles.

Fait notable, le ministère des Affaires religieuses et des Wakfs et Djamaâ El-Djazaïr s’impliquent également à travers le prêche du vendredi 13 juin, soulignant l’importance du don de sang comme acte humanitaire et citoyen.

Cela dit, le don de sang reste un geste accessible, mais il est encadré par des conditions strictes pour assurer la sécurité du donneur et du receveur.
En Algérie, toute personne en bonne santé, âgée de 18 à 65 ans, pesant au moins 50 kg, peut donner son sang. Des examens préalables (pression artérielle, hémoglobine, état général) sont réalisés avant chaque don.

Malgré les campagnes de sensibilisation, de nombreuses personnes hésitent encore à franchir le pas. Parmi les freins les plus fréquents, la peur de l’aiguille ou de ressentir une faiblesse après le don, des croyances erronées sur les risques sanitaires, et une désinformation sur la fréquence possible des dons.
Certaines femmes, en particulier, redoutent les effets du don sur leur santé, bien que les médecins assurent qu’il est tout aussi sûr pour elles, sous réserve d’une bonne condition physique.

Les champions du don : une culture enracinée dans certains pays

À l’échelle mondiale, certains pays affichent une véritable culture du don de sang, où l’acte est perçu comme un devoir civique.
Parmi eux, la France, où plus de 3 millions de dons sont réalisés chaque année, l’Allemagne et les États-Unis, avec des réseaux performants de donneurs réguliers, et la Suède, pionnière dans la notification personnalisée : les donneurs reçoivent un message chaque fois que leur sang sauve une vie.

Ces exemples illustrent à quel point l’éducation au don dès le plus jeune âge et la confiance dans le système de santé peuvent encourager une pratique durable.

La progression enregistrée en 2024 est un signe positif, mais les défis restent nombreux : féminisation du don, augmentation des dons volontaires, levée des freins psychologiques, et extension de la culture du don dans toutes les couches sociales.
À l’image des grandes nations du don de sang, l’Algérie poursuit sa marche vers un système autonome, solidaire et sécuritaire. Et chaque citoyen y a un rôle à jouer.

L.R.

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