Longtemps reléguée au second plan, la question de la prise en charge des élèves à besoins spécifiques s’impose désormais comme une priorité publique. Le Gouvernement entend franchir un cap décisif en engageant une réforme qui vise à faire de l’école algérienne un espace réellement inclusif, capable d’accueillir tous les enfants sans distinction. C’est dans ce contexte que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé ce mercredi une réunion du Gouvernement consacrée notamment à l’examen d’un projet de décret exécutif relatif à l’ouverture de classes spéciales dans le milieu scolaire.
Selon le communiqué des services du Premier ministre, cette démarche repose sur une approche d’intégration effective des élèves ayant des besoins spécifiques au sein même des établissements ordinaires. Loin d’une logique de marginalisation, le projet vise à inscrire ces classes spéciales dans un cadre scolaire classique, en coordination avec les secteurs de la solidarité nationale, de l’éducation nationale et de la santé. Une articulation intersectorielle présentée comme indispensable pour assurer une prise en charge pédagogique, sociale et médicale cohérente.
L’enjeu est de taille : garantir le principe d’égalité des chances et assurer à chaque élève le droit à l’éducation sans discrimination. Le texte en examen prévoit ainsi la mise en place d’un accompagnement pédagogique adapté, avec des aménagements spécifiques permettant aux élèves concernés de suivre leur parcours scolaire dans des conditions appropriées, mais aussi de se présenter aux examens et concours dans un cadre équitable. À travers ce projet, l’État affiche une volonté claire : passer d’une approche essentiellement théorique de l’inclusion à une application concrète sur le terrain scolaire.
Une stratégie plus large
Au-delà de la réforme éducative, la réunion du Gouvernement a également été marquée par l’examen d’un projet à forte portée symbolique : la création de l’Orchestre Philharmonique d’Algérie. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence de l’Algérie sur la scène culturelle internationale et à affirmer son identité en tant que puissance culturelle active. La création d’un orchestre national professionnel est présentée comme une nécessité pour préserver, interpréter et transmettre le patrimoine musical national, mais aussi pour cultiver le goût artistique, accompagner l’émergence des talents et soutenir la créativité.
Dans le même esprit de structuration et de modernisation, le Gouvernement a entendu une communication sur le référentiel national de formation et de compétences, considéré comme l’un des piliers des réformes engagées dans le secteur de la formation professionnelle. Cette réforme ambitionne de transformer en profondeur le système en opérant un passage d’une logique centrée sur les programmes à une approche fondée sur les compétences réellement recherchées sur le marché du travail. L’objectif est double : améliorer l’employabilité des jeunes et aligner plus étroitement les politiques de formation, d’emploi et d’investissement.
Ce cadre de référence doit permettre une lecture unifiée et claire des besoins nationaux en compétences, tout en reliant directement les parcours de formation aux métiers officiellement reconnus dans la classification nationale des professions et de l’emploi. Une évolution qui pourrait, à terme, réduire le décalage persistant entre diplômes obtenus et réalités du marché.
À travers ces trois dossiers – école inclusive, structuration culturelle et réforme de la formation – se dessine une même orientation : celle d’un État qui cherche à investir dans le capital humain, à renforcer la cohésion sociale et à poser les bases d’un développement plus équilibré et durable.
L.R.



