Il croyait ardemment que le combat syndical ne pouvait se dissocier de la dignité humaine. « On ne peut pas défendre la cause des travailleurs quand notre propre toit menace de s’effondrer », répétait-il. Cette conviction résumait à elle seule l’homme : Abdelhak Benhamouda, patriote intransigeant, syndicaliste de conviction et figure majeure de l’Algérie républicaine.
Nourri aux valeurs de la République, profondément attaché à une Algérie démocratique, sociale et souveraine, il incarnait un militantisme exigeant, lucide et courageux. Un engagement fier, irrémédiablement profané par la barbarie intégriste, ce mardi 28 janvier 1997, à 13h10, en plein cœur d’Alger.
À la sortie du siège de la centrale syndicale, cinq jeunes fanatisés, dissimulant des armes sous des cartables d’écoliers, l’ont pris pour cible. Armés d’une kalachnikov et d’armes de poing, ils l’ont assassiné de sang-froid, l’atteignant mortellement de plusieurs balles. Abdelhak Benhamouda avait 51 ans. Son assassinat, acte terroriste d’une violence aveugle, a privé l’Algérie d’un de ses fils les plus fidèles à l’idéal républicain.
Vingt-neuf ans plus tard, le souvenir demeure intact. Sa mémoire continue de traverser le temps, portée par les travailleurs, les militants et une nation qui n’a pas oublié.
C’est dans cet esprit que le wali de Constantine, M. Abdelkhalek Sayouda, a présidé, samedi, la cérémonie commémorative marquant le 29e anniversaire de son assassinat, à la Maison de la culture Malek Haddad.
Organisée par l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), section de Constantine, la cérémonie a réuni un large éventail de participants : autorités locales et sécuritaires, parlementaires des deux chambres, cadres syndicaux, représentants d’institutions consultatives et figures du mouvement ouvrier. La présence de M. Hamza Benhamouda, fils du martyr et directeur général de la compagnie aérienne nationale, a conféré à l’événement une dimension à la fois institutionnelle et profondément humaine.
Dans son allocution, le wali a salué le parcours exemplaire d’Abdelhak Benhamouda, soulignant son rôle central dans la défense des droits des travailleurs et dans la consolidation de l’UGTA comme force sociale nationale. Il a rappelé qu’en pleine décennie noire, le défunt est resté un rempart moral, refusant la compromission et défendant, envers et contre tout, les principes de justice sociale et de responsabilité nationale.
M. Sayouda a également évoqué le rôle historique de l’UGTA durant la Révolution de libération nationale, citant notamment la figure emblématique du martyr Aïssat Idir, et insistant sur la nécessité de préserver la mémoire des luttes syndicales comme socle de la cohésion nationale.
De son côté, l’UGTA locale a rendu un hommage appuyé à la trajectoire militante d’Abdelhak Benhamouda, réaffirmant son engagement à poursuivre l’action syndicale dans le respect du cadre légal, à renforcer les structures de l’organisation et à défendre les droits des travailleurs face aux mutations économiques et sociales. L’accent a également été mis sur l’importance de la transmission mémorielle, à travers l’organisation de rencontres, colloques et initiatives pédagogiques destinées aux jeunes générations.
La cérémonie s’est achevée par une série de distinctions honorifiques. Ont notamment été distingués M. Amar Takdjout, secrétaire général de l’UGTA, M. Hamza Benhamouda, ainsi que le wali de Constantine, honoré par l’UGTA locale et le bureau des retraités pour son appui constant à l’action syndicale.
Au-delà du recueillement, cette commémoration a rappelé que le combat d’Abdelhak Benhamouda dépasse le temps et les circonstances. Il demeure une référence morale, un symbole de droiture et de courage, et une voix toujours vivante dans la défense des travailleurs et de l’Algérie républicaine.
S.B.



