Il y a 31 ans, le théâtre algérien perdait l’un de ses plus grands comédiens. Azeddine Medjoubi (1945?1995) fut assassiné à Alger, laissant une œuvre, une exigence artistique et une flamme inextinguible dans la mémoire des planches algériennes.
Le 13 février 1995, Azeddine Medjoubi, alors directeur du Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi (TNA), est assassiné par deux hommes armés alors qu’il quittait le siège de l’institution, square Port Saïd. Il avait 48 ans. Sa disparition brutale plongea le monde culturel dans l’effroi, mais son héritage artistique continue d’inspirer.
Pour commémorer sa mémoire, le TNA a consacré Medjoubi personnalité du mois, avec un programme culturel dédié le 14 février. La troupe mettra en scène «?Ghedoua ya men aach?», adaptation de « Pique-nique en campagne » du dramaturge franco-espagnol Fernando Arrabal, mise en scène par Brahim Berkati.
Une vie entièrement dédiée au théâtre
Né le 30 octobre 1945 à Azzaba, dans la wilaya de Skikda, Medjoubi s’impose très tôt comme un acteur et metteur en scène majeur. Fils d’un avocat originaire de Hammam Guergour, à Sétif, il est reconnu par des spécialistes, comme Naguib Estambouli, comme l’un des plus grands représentants de sa génération, aux côtés de Sirat Boumediene.
Il débute sur la scène du TNA, où il marque les spectateurs par des rôles mémorables dans des pièces telles que « Hafila Tassir », « Bab El Foutouh » et « Les Bas-fonds », tout en étant très présent à la télévision. Parmi ses contributions télévisuelles figurent « Journal d’un jeune travailleur », « Crime et châtiment », « La grande tentative », « La Clef » et « El-Tarfa ». Il incarne également des personnages emblématiques dans « L’olivier de Boulhilet » et dans « L’hymne de l’espoir », où il joue un producteur de musique corrompu.
L’indépendance artistique et la création
En 1989, Medjoubi quitte le TNA et fonde avec Ziani Chérif, Sonia et Benguettaff la troupe indépendante « El-Qalâa », poursuivant une carrière riche et ambitieuse. Il signe plusieurs mises en scène dans les théâtres régionaux de Béjaïa et Batna, et participe à des productions à succès telles que « El-Ayta », « Hafila Tassir » et « Galou Laârab Galou ».
Sa carrière, marquée par une passion sans faille pour le théâtre, une créativité inépuisable et une exigence artistique exemplaire, fait de lui une référence incontournable pour les jeunes générations et un symbole durable du théâtre algérien.
S.B.



