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lundi 26 janvier 2026

Médicaments gratuits : La CNAS élargit la protection

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L’Algérie franchit une nouvelle étape dans le renforcement de sa politique de protection sociale. La Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) a officiellement lancé, le 19 du mois en cours, une carte électronique destinée à garantir l’accès gratuit aux médicaments pour les personnes démunies dépourvues de toute couverture sociale. Un dispositif inédit, présenté comme une avancée majeure vers plus d’équité dans l’accès aux soins.

Invité de l’émission « L’Invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le directeur des prestations à la CNAS, Abdelhafid Djeghri, a détaillé les contours de cette mesure, ses objectifs et ses modalités d’application.

Une catégorie longtemps exclue de la couverture sanitaire

Le responsable a tenu à préciser que cette carte s’adresse à une frange bien définie de la population : les citoyens sans revenus, non affiliés à la sécurité sociale et ne bénéficiant d’aucun dispositif d’aide existant.
« Contrairement aux salariés, aux chômeurs indemnisés, aux personnes en situation de handicap ou aux bénéficiaires d’allocations de solidarité, cette catégorie ne disposait jusque-là d’aucun mécanisme stable lui permettant d’accéder aux médicaments », a-t-il expliqué.

Ce vide est désormais comblé par le nouveau dispositif instauré par le décret exécutif 24-187, qui élargit considérablement le champ de la prise en charge.

Une procédure encadrée et progressive

L’accès au dispositif repose sur une procédure administrative précise. La démarche débute au niveau de l’Assemblée populaire communale (APC) du lieu de résidence. Le citoyen concerné doit y déposer un dossier attestant de sa situation sociale. Une enquête est ensuite menée, avant que le dossier ne soit transmis à une commission de wilaya chargée de statuer officiellement sur l’éligibilité.

Une fois le statut de « personne démunie non assurée sociale » reconnu, le bénéficiaire peut accéder pleinement au dispositif.
Ce nouveau cadre vient corriger les limites de l’ancien système, qui se limitait aux personnes démunies atteintes de maladies chroniques et à une liste restreinte d’environ 136 médicaments. Désormais, toutes les personnes reconnues comme démunies sont concernées, qu’elles souffrent ou non de pathologies chroniques, avec une attention particulière portée aux enfants mineurs à charge.

Plus de 5 500 médicaments pris en charge

L’une des évolutions les plus significatives réside dans l’élargissement de la liste des produits pharmaceutiques remboursés. Celle-ci dépasse aujourd’hui les 5 500 médicaments, couvrant aussi bien les maladies chroniques que les affections ponctuelles, sur la base d’une prescription médicale.

Autre changement majeur : l’accès aux médicaments s’effectue désormais à travers le réseau national des pharmacies privées conventionnées avec la CNAS. Plus de 13 000 officines sont aujourd’hui partenaires, garantissant aux bénéficiaires une proximité géographique et une réelle facilité d’accès, quel que soit leur lieu de résidence.

Une carte électronique pour moderniser la gestion

Au-delà de l’aspect social, la carte électronique introduit une nouvelle approche en matière de gestion. Elle intègre les données essentielles du bénéficiaire : identité, droits ouverts, éventuels traitements chroniques.
Cette dématérialisation permet de simplifier les démarches, de réduire l’usage du papier et d’améliorer la fluidité dans le parcours de soins.

Pour les enfants mineurs atteints de maladies chroniques, une carte individuelle est délivrée, facilitant le suivi médical et garantissant la continuité des traitements sans contraintes administratives répétitives.

Entre 2 000 et 3 000 bénéficiaires potentiels

Sur le plan opérationnel, la CNAS s’est engagée à produire et acheminer les cartes dans un délai maximal de 15 jours après réception des listes validées par les commissions de wilaya.
À ce jour, plus de 375 personnes, auxquelles s’ajoutent leurs enfants mineurs, ont déjà été recensées dans 23 wilayas. Les estimations avancées par la CNAS évoquent entre 2 000 et 3 000 bénéficiaires potentiels à l’échelle nationale.

Un outil de contrôle et d’aide à la décision

Le dispositif ne se limite pas à l’assistance sociale. Il constitue également un outil de régulation. Grâce au système électronique, la CNAS pourra mieux prévenir les abus, vérifier la cohérence entre prescriptions médicales et état de santé, et constituer une base de données fiable pour orienter les futures politiques publiques en matière de protection sociale.

Pour Abdelhafid Djeghri, cette réforme traduit une orientation claire :

« Assurer un accès équitable aux soins et renforcer l’intégration sociale des citoyens les plus vulnérables. L.R.

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